Me voici de retour après quelques jours de repos.
Et bien entendu entre temps le gouvernement a été nommé. Pour une rupture c'est une rupture :-) !!!!!!
Tout d'abord François FILLON, nommé dès mercredi Premier Ministre. Bon là, on s'y attendait, et pour être Premier Ministre, le Président de la République n'allait pas nous sortir quelqu'un d'inexpérimenté. Fillon a été député dès 1981 puis Ministre de l'enseignement supérieur de 1993 à 1995, Ministre des affaires sociales de 2002 à 2004 puis Ministre de l'éducation nationale de 2004 à 2005.
Numéro 2 de ce gouvernement : Alain JUPPE, qui a été nommé ministre d'Etat, ministre de l'écologie, du développement et de l'aménagement durable... Alors là comme nouveauté on ne fait pas mieux ! Il a été Ministre du budget entre 1986 et 1988, Ministre des affaires sociales de 1993 à 1995, puis naturellement Premier Ministre de 1995 à 1997. Nicolas Sarkozy nous envoie un message fort : « je romps avec le passé »... certes, mais il ne faut pas non plus rompre avec la mémoire. Alain Juppé est tout de même aussi repris de justice puisqu'il a été condamné pour « abus de confiance, recel d'abus de bien sociaux et prise illégale d'intérêts » pour des malversations commise à la mairie de Paris entre 1983 et 1995. Il a été pour cela condamné en première instance à 18 mois de prison avec sursis et à 10 ans d'inéligibilité. La cour d'appel a ramené ce verdict à 14 mois de prison avec sursis et seulement 1 an d'inéligibilité... Ça laisse perplexe ! Bref malgré cela ce monsieur vient d'être nommé numéro 3 du gouvernement de la rupture !
On trouve aussi dans ce gouvernement 8 anciens ministres, ou secrétaire d'état UMP : Jean Louis BORLOO, ministre de l'économie, des finances et de l'emploi ; Michèle ALLIOT-MARIE, ministre de l'intérieur, de l'outre-mer et des collectivités territoriales ; Brice HORTEFEUX, ministre de l'immigration, de l'intégration, de l'identité nationale (sic!) et du co-développement ; Xavier BERTRAND, ministre du travail, des relations sociales et de la solidarité ; Xavier DARCOS, ministre de l'éducation nationale ; Roselyne BACHELOT-NARQUIN, ministre de la santé, de la jeunesse et des sports ; Christine LAGARDE, ministre de l'agriculture et de la pêche ; Eric WOERTH, ministre du budget, des comptes publics et de la fonction publique ;
Ce qui est nouveau c'est une pseudo-ouverture aux autres partis politiques avec la nomination de l'ancien ministre PS, très médiatique, Bernard KOUCHNER, comme ministre des affaires étrangères et européennes et de l'UDF Hervé MORIN, qui lui n'a jamais été ministre.
Enfin il y a 4 femmes, UMP, qui n'ont jamais eue de responsabilités gouvernementales : la très médiatique Rachida DATI, nommée Garde des sceaux ministre de la justice ; Valérie PÉCRESSE, ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche ; Christine BOUTIN, ministre du logement et de la ville (sic ! ) ; Christine ALBANEL, ministre de la culture et de la communication, porte-parole du Gouvernement ;
Il y a, en plus de ces 15 ministres, 4 secrétaires d'état, dont 3 qui n'ont jamais eu de responsabilités gouvernementales : Roger KAROUTCHI, nommé secrétaire d'état auprès du Premier ministre, chargé des relations avec le Parlement ; le très controversé, ex PS, ex directeur de campagne de Ségolène Royal, remercié par cette dernière, puis passé dans le camp Sarkozy par vengeance et haine, Eric BESSON, qui malgré son appétit féroce n'hérite pas d'un véritable ministère mais seulement du secrétariat d'état à la prospective et à l'évaluation des politiques publiques, on se demande d'ailleurs bien ce que cela veut dire ! Et l'homme de gauche Jean-Pierre JOUYET, nommé secrétaire d'état auprès du ministre des affaires étrangères et européennes (Kouchner), chargé des affaires européennes. Enfin on trouve aussi l'ancien ministre de l'agriculture, Dominique BUSSEREAU, nommé secrétaire d'état auprès du ministre d'état, ministre de l'écologie, du développement et de l'aménagement durables, chargé des transports ;
Pour finir, François Fillon et Nicolas Sarkozy, nous ont inventé une nouveauté (comme quoi il y en a quand même !), histoire de ne pas nommer trop de ministres et de secrétaires d'état, ils ont nommé un haut commissaire, fonction qui n'existe pas dans la constitution... Et cette nouveauté est pour Martin HIRSCH, président d'Emmaüs France, qui est nommé haut commissaire aux solidarités actives contre la pauvreté. L'abbé Pierre a du se retourner dans sa tombe de voir Emmaüs ainsi politisé et récupéré médiatiquement par le nouveau Président de la République.
Un gouvernement resserré, c'est vrai avec seulement 21 membres, mais aussi seulement 7 femmes. On croirait d'ailleurs un remake des jupette du gouvernement Juppé ! Car sur ces 7 femmes, 4 sont inexpérimentées, et servent ainsi à la fois de prétexte à une pseudo parité (7 femmes sur 21 membres du gouvernement, chez moi ça ne fait pas la moitié mais un tiers, malgré ce qu'ont raconté les médias), et de prétexte à la nouveauté (seulement 5 ministres nouveaux sur 15, dont 4 femmes, là aussi 1/3 de nouveauté). Enfin, à noter la présence de Rachida DATI qui sert bien entendu de prétexte à une ouverture vers la France Black-Blanc-Beur, histoire de ne pas laisser cette France trop de coté, et de faire taire les méchantes rumeurs qui laissaient penser que Nicolas Sarkozy penchait vers le FN pendant sa campagne !
Bref un gouvernement poudre aux yeux !
Ce gouvernement n'aura aucune action politique possible puisqu'il sera très certainement démissionné à l'issue des législatives en juin. Aucune loi ne pouvant être votée pendant cette période de transition puisqu'il n'y a pas de session du parlement en cours.